Lancement de la première résidence curatoriale franco-nigériane [en]

En avril 2020, l’Institut français du Nigéria, l’Ambassade de France au Nigéria et la Cité internationale des arts ont lancé un appel à candidatures pour une résidence de 3 mois à Paris, dédiée au commissariat d’exposition. Parmi les nombreuses candidatures reçues, c’est celle de ce jeune conservateur basé à Lagos qui a été sélectionnée. Quelques jours avant le début de la résidence, Folakunle OSHUN a répondu à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai commencé ma carrière en tant qu’artiste, avec un intérêt particulier pour la sculpture. On peut dire que c’est un hasard, une coïncidence, qui m’a fait découvrir le commissariat d’exposition. J’avais postulé pour un MFA (Master of Fine Arts) à l’Université de Lagos en 2012, mais malheureusement, le seul professeur disponible pour superviser mon mémoire était un professeur d’histoire de l’art. C’est ainsi que je me suis inscrit pour un MA (Master of Art) en histoire de l’art. Et, plus récemment, j’ai fondé la Biennale de Lagos pour l’art contemporain en 2017, plaçant Lagos comme l’un des principaux lieux de l’art contemporain en Afrique.

La seconde édition de la biennale a eu lieu en 2019 et nous espérons pouvoir organiser la troisième édition en 2021.

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Vous avez été sélectionné pour participer à la première résidence dédiée aux commissaires d’exposition, mise en place par l’Institut français du Nigéria, l’Ambassade de France au Nigéria et leur partenaire basé à Paris, la Cité internationale des arts. Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet que vous avez présenté au jury et les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous porter candidat à cette résidence ?

Le titre du projet que j’ai soumis est "Post Colonial Headstand". J’espère pouvoir mettre à nu les démons du post-colonialisme et lever le voile sur les sous-entendus qui entourent ce vaste sujet. Mon souhait est aussi d’encourager les collaborations avec et entre des personnes qui ne font pas nécessairement partie du monde artistique ou académique, mais des acteurs qui sont assurément des artistes à part entière.

Je travaillerai notamment avec des yogistes, afin de créer des performances dans le cadre d’ateliers qui aborderont la théorie post-coloniale en tant que sujet et en examinant son lien avec la réalité.

La résidence durera trois mois.

Quelles sont vos attentes ? Quels sont les défis que vous pensez rencontrer au cours de ce programme ?

Je pense que Paris a beaucoup à offrir en termes de diversité. Je suis intrigué par le nombre de personnes racisées, originaires de pays différents, à même de vivre ensemble dans une ville tout en gardant un semblant d’équilibre. Au vu de l’histoire coloniale de la France, il est étonnant que la société soit encore capable de maintenir un niveau significatif d’ordre public - compte tenu du nombre de migrants qui ont fait de la France leur pays d’accueil. C’est toujours une bénédiction de travailler dans des espaces qui offrent ce niveau de diversité, ce qui permet de dégager des opinions divergentes sur ce que la société signifie pour ces personnes ou sur ce qu’elle devrait être.

Il y a la question de la distanciation sociale due à la pandémie de Coronavirus et cela pourrait influencer de manière significative le résultat du projet, mais je reste assez optimiste.

Qu’avez-vous le plus hâte de découvrir à Paris ? Ou qui ?

Je souhaite recueillir des opinions variées sur ce qu’est, ce que devrait être la société. J’ai mes propres préjugés, que je dois être capable de mettre de côté, pour que mon projet ait un sens empirique. Il est important d’écouter les opinions et les pensées des autres.

Ce n’est pas le seul projet que vous développez avec les institutions françaises. Pouvez-vous nous parler de vos liens, passés et futurs, avec la France ?

Je serai le commissaire d’exposition d’un projet intitulé “Systems of Disobedience” au Musée d’art contemporain de Lyon, dans le cadre de la Saison Africa 2020

Comment cette résidence de trois mois résonnera-t-elle au Nigeria ?

Je pense qu’il est toujours bon de faire de nouvelles expériences et de nouer de nouvelles relations. Je ne serai pas seul à Paris, je porte toujours avec moi le soutien et la bienveillance de l’ensemble de la scène artistique de Lagos. Cette résidence est une excellente occasion de créer des liens entre différentes institutions et personnes. Je pense que les performances résonneront davantage en France car elles donneront au public français un moment de contemplation introspective, pensé avec un regard extérieur.

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Une dernière chose que vous souhaiteriez partager ?

Pour vous tenir informé de mon actualité, n’hésitez pas à suivre mon compte Instagram : @folakunle_oshun

Dernière modification : 18/09/2020

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